
En bref :
Les erreurs courantes lors de la pose de tuiles plates concernent le non-respect des pentes, l’absence de clouage et un mauvais calcul du pureau variable.
- Pente réglementaire : le NF DTU 40.23 exige une pente minimale entre 70 % (35°) et 125 % (51,3°) sans écran, selon la zone.
- Formule du pureau : le pureau maximal se calcule selon P = (L – r) / 2 avec un recouvrement minimal r de 7 cm, 8 cm ou 9 cm.
- Fixation stricte : clouage ou crochetage obligatoire selon le Tableau 5, et systématique sur les rives, l’égout et le faîtage.
- Pose à joints croisés : l’alignement à joints droits est proscrit pour éviter les infiltrations d’eau directes.
Comprendre les règles fondamentales de la couverture en tuile plate
La pose de la tuile plate en terre cuite ne tolère aucune improvisation sur le chantier. Régie par la norme NF DTU 40.23, cette technique repose sur un principe de double recouvrement exigeant une rigueur d’exécution absolue du liteonnage jusqu’au faîtage. Voici le décryptage technique des six défaillances les plus fréquentes observées lors des contrôles de chantier.
1. Ignorer la pente minimale réglementaire ou la limite d’altitude
Le non-respect de la déclivité minimale entraîne un risque immédiat de remontée d’eau par capillarité sous l’effet du vent. Selon la norme NF DTU 40.23, la pente minimale admissible pour des tuiles plates en terre cuite varie entre 70 % (35°) et 125 % (51,3°) pour des rampants en projection horizontale inférieurs ou égaux à 8 m, selon la zone climatique (I, II ou III) et la situation du bâtiment. De plus, ce DTU s’applique exclusivement jusqu’à une altitude de 900 m. Pour les chantiers situés entre 900 m et 1 500 m, il convient de se référer au Guide du CTTB.
2. Mal calculer le pureau variable selon le recouvrement
Un pureau mal dimensionné compromet l’étanchéité globale de la couverture en modifiant la surface de recouvrement requise. Le pureau théorique maximum P doit impérativement être déterminé selon la formule P = (L – r) / 2, où L représente la longueur hors-tout de la tuile et r le recouvrement minimal fixe. Ce recouvrement r est fixé par le DTU à 7 cm, 8 cm ou 9 cm selon la pente et l’exposition. Sur le chantier, l’artisan doit tracer le pureau moyen au cordeau avant la fixation des liteaux.
3. Réaliser une pose à joints droits au lieu de joints croisés
La pose à joints droits est une erreur d’exécution majeure qui détruit l’étanchéité du double recouvrement. La tuile plate en terre cuite s’installe exclusivement à joints croisés, c’est-à-dire décalés d’une demi-tuile à chaque rang. Ce décalage permet à l’eau de ruisseler le long du pureau d’une tuile sans s’infiltrer directement dans la rencontre des tuiles sous-jacentes.
4. Omettre le clouage en plain carré et sur les points singuliers
Faire l’impasse sur la fixation individuelle des tuiles expose la toiture à un arrachement certain lors des tempêtes. Le Tableau 5 de la norme NF DTU 40.23 fixe les obligations de clouage ou de crochetage en plain carré en fonction de la pente, de la zone climatique et de l’exposition au vent. Par ailleurs, la fixation individuelle par clou, vis ou crochet est strictement obligatoire sur l’intégralité des tuiles de rive, du premier rang d’égout et du rang de faîtage.
5. Sous-estimer l’impact d’un écran de sous-toiture sur le seuil de pente
Croire qu’un écran de sous-toiture dispense des règles de recouvrement constitue un piège classique sur le chantier. Si l’installation d’un écran de sous-toiture conforme permet en effet d’abaisser le seuil de la pente minimale admissible, cette tolérance reste strictement conditionnée au respect d’un recouvrement minimal r ≥ 7 cm. L’écran agit comme une protection complémentaire, mais ne remplace pas l’étanchéité propre du matériau.
6. Négliger la ventilation en sous-face et la pose de chatières
Bloquer la circulation d’air sous les tuiles provoque une condensation interne rapide et accélère la dégradation des liteaux. L’article 4.7 du NF DTU 40.23 impose le maintien d’une lame d’air continue en sous-face ainsi que la pose de chatières de ventilation dimensionnées au prorata de la surface projetée de la couverture pour assurer un balayage d’air efficace.
Tableau de synthèse des exigences de pose selon le NF DTU 40.23
| Point de contrôle | Exigence normative (NF DTU 40.23) | Impact sur l’étanchéité |
|---|---|---|
| Pente minimale (sans écran) | De 70 % (35°) à 125 % (51,3°) selon zone et situation | Évite les remontées d’eau par capillarité |
| Calcul du pureau P | Formule P = (L – r) / 2 avec r \{7, 8, 9} cm | Garantit le double recouvrement nécessaire |
| Disposition des tuiles | Mise en œuvre à joints croisés uniquement | Empêche l’infiltration directe aux jonctions |
| Fixation des rives/égout/faîtage | Fixation individuelle 100 % obligatoire | Prévient le soulèvement face aux dépressions du vent |
| Altitude d’application | Jusqu’à 900 m maximum (Guide CTTB au-delà) | Valide le domaine d’emploi réglementaire |
Questions fréquentes
Quelle est la pente minimale pour poser des tuiles plates ?
Selon la norme NF DTU 40.23, la pente minimale admissible se situe entre 70 % (35°) et 125 % (51,3°) pour des rampants de projection inférieure ou égale à 8 m sans écran de sous-toiture, en fonction de la zone géographique et du site.
Comment calculer le pureau d’une tuile plate ?
Le pureau théorique maximum P s’obtient avec la formule P = (L – r) / 2. La variable L désigne la longueur hors-tout de la tuile et r représente le recouvrement minimal requis par le DTU, soit 7 cm, 8 cm ou 9 cm.
Faut-il obligatoirement clouer les tuiles plates de rive ?
Oui, la fixation par clou, vis ou crochet est strictement obligatoire sur l’ensemble des tuiles de rive, ainsi que sur le premier rang d’égout et le rang de faîtage, conformément au NF DTU 40.23.