
En bref :
La fixation d’un solin en plomb contre un mur exige de respecter la libre dilatation du métal et la profondeur d’engravure pour garantir une étanchéité durable.
- Profondeur d’engravure : réaliser une saignée d’au moins 25 mm dans la maçonnerie selon le Centre d’Information du Plomb.
- Calfeutrement de tête : appliquer un mastic butyle à élasticité permanente (NF DTU 44.1) et proscrire le mortier rigide.
- Gestion du retrait : limiter la longueur des bandes à 1,0 m pour une épaisseur de 1,5 mm et à 1,5 m pour 2,0 mm.
- Protection chimique : éviter le contact direct du métal avec du ciment frais ou de la chaux sous peine de corrosion alcaline.
Quelles sont les maladresses fréquentes lors de la fixation d’un solin en plomb contre un mur ?
Fixer un solin en plomb à la jonction d’un mur et d’une couverture semble simple, mais le moindre faux pas technique provoque des infiltrations d’eau en sous-face. Les erreurs les plus fréquentes touchent à la méconnaissance du comportement mécanique du matériau, au mauvais choix des étanchéités de tête et au non-respect des règles de l’art édictées par les DTU.
Sur le chantier, le couvreur-zingueur doit composer avec les mouvements structurels du bâtiment et les variations climatiques. Une mauvaise fixation mécanique ou un calfeutrement inadapté détériorent le maçonnerie et le métal en seulement quelques saisons.
Erreur 1 : ignorer la dilatation thermique et poser des bandes trop longues
La première erreur consiste à poser des bandes de solin trop longues d’un seul tenant pour gagner du temps lors de la pose. Le plomb laminé possède un coefficient de dilatation thermique élevé de 29,3 × 10⁻⁶ K⁻¹ (soit environ 2,93 mm par mètre pour un écart de température de 100 °C) selon la norme NF EN 12588. Sous l’effet des cycles gel/dégel et du rayonnement solaire, une bande trop longue se gondole, se déchire à proximité des points d’ancrage et arrache le joint d’étanchéité.
Pour prévenir le déchirement du métal, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) fixe des limites strictes aux dimensions des tronçons :
- Plomb de 1,5 mm d’épaisseur : la longueur maximale autorisée par bande est de 1,0 m.
- Plomb de 2,0 mm d’épaisseur : la longueur maximale autorisée est portée à 1,5 m.
- Épaisseur minimale requise : pour toute bande d’une longueur comprise entre 1,0 m et 1,5 m, la norme NF DTU 40.46 impose une épaisseur minimale de 2,0 mm.
Erreur 2 : calfeutrer la saignée avec du mortier rigide au lieu d’un mastic butyle
Utiliser du mortier de ciment pour sceller le rabat du solin dans le mur constitue une faute technique classique. Le mortier est un matériau rigide qui se frotte, se fissure et se décolle sous l’effet des mouvements d’expansion du plomb. L’eau s’infiltre alors directement derrière la bande par capillarité.
Le calfeutrement de la tête d’engravure doit être réalisé exclusivement avec un mastic élastique ou élastoplastique spécialisé, conformément à la norme NF DTU 44.1. Le mastic butyle est particulièrement indiqué : il conserve une élasticité permanente sans séchage ni fissuration au cours du temps, même face aux variations thermiques extrêmes et aux rayons ultraviolets. Un silicone neutre conforme à la norme constitue une alternative validée.
Erreur 3 : négliger la profondeur d’engravure et l’écartement des cales
Plaquer le solin contre le mur sans réaliser une saignée suffisante expose l’ouvrage au ruissellement. La goutte d’eau finit par passer derrière la bavette si le repli de tête n’est pas logé profondément dans la maçonnerie.
Selon le Centre d’Information du Plomb, la profondeur minimale de la saignée d’engravure dans le mur de maçonnerie doit être de 25 mm. Le maintien mécanique à l’intérieur de cette saignée s’effectue au moyen de cales de plomb roulées et matées. L’écartement maximal recommandé entre deux cales de maintien est de 450 mm. Enfin, pour garantir l’étanchéité entre deux éléments de solin consécutifs, la longueur minimale de chevauchement (recouvrement) doit être comprise entre 100 mm et 150 mm.
Erreur 4 : poser le plomb au contact de ciment frais ou de chaux
Mettre du plomb laminé en contact direct avec du liant hydraulique non stabilisé provoque la destruction prématurée de la bande. La norme NF DTU 40.46 rappelle que le contact direct du plomb avec du ciment frais, de la chaux ou du béton non sec cause une corrosion alcaline sévère du métal, matérialisée par l’apparition d’une poudre blanchâtre puis par le percement du solin.
L’artisan doit s’assurer que les enduits de façade et mortiers de rejointoiement sont parfaitement secs et carbonatés avant la mise en place du plomb, ou appliquer un vernis de protection adéquat sur le métal.
Quelles normes techniques régissent la pose d’un solin en plomb ?
Les règles de l’art relatives à la mise en œuvre du plomb en couverture sont encadrées par le CSTB et les normes NF DTU. Ces documents définissent les épaisseurs, les profondeurs de réservation et les produits de calfeutrement compatibles pour assurer l’étanchéité à l’eau de la toiture.
| Paramètre technique | Valeur ou exigence normative | Référence réglementaire |
|---|---|---|
| Profondeur minimale d’engravure | 25 mm | Centre d’Information du Plomb |
| Écartement max. des cales de fixation | 450 mm | Centre d’Information du Plomb |
| Recouvrement entre bandes | 100 mm à 150 mm | Centre d’Information du Plomb |
| Longueur max. (épaisseur 1,5 mm) | 1,0 m | NF EN 12588 / FFB |
| Longueur max. (épaisseur 2,0 mm) | 1,5 m | NF EN 12588 / FFB |
| Type de joint de calfeutrement | Mastic butyle ou silicone neutre | NF DTU 44.1 / CSTB |
Comment contrôler la réalisation du solin sur votre chantier ?
En tant que maître d’ouvrage, vous pouvez vérifier la conformité des travaux exécutés par le couvreur en contrôlant quelques points clés avant la réception du chantier. Un solin bien posé présente des découpes régulières et des fixations invisibles de l’extérieur.
Inspectez la ligne de tête du solin : le mastic butyle doit former un cordon continu sans manque ni boursouflure le long de l’engravure. Assurez-vous que les bandes ne dépassent pas 1,5 m de longueur et que le chevauchement d’au moins 100 mm est respecté au droit de chaque jonction. Enfin, vérifiez qu’aucun mortier de ciment frais ne touche le métal sur la bavette rabattue.
Questions fréquentes
Quelle est l’épaisseur minimale recommandée pour un solin en plomb ?
Pour une bande d’une longueur comprise entre 1,0 m et 1,5 m, la norme NF DTU 40.46 impose une épaisseur minimale de 2,0 mm. Pour les éléments d’une longueur inférieure à 1,0 m, une épaisseur de 1,5 mm est admise par la réglementation FFB.
Pourquoi faut-il bannir le mortier de ciment pour sceller le solin ?
Le mortier est un matériau rigide qui se fissure sous l’effet de la dilatation thermique du plomb (2,93 mm/m pour 100 °C). De plus, selon le DTU 40.46, le ciment frais provoque une corrosion alcaline destructive qui perce le métal à long terme.
Quel mastic choisir pour étancher la tête d’un solin en plomb ?
Conformément à la norme NF DTU 44.1, il convient d’utiliser un mastic élastique spécialisé comme le mastic butyle ou le silicone neutre. Le mastic butyle offre une élasticité permanente et une résistance optimale aux ultraviolets et aux variations climatiques.