Compteur divisionnaire ou deuxième compteur électrique : que choisir ?

Le compteur divisionnaire, ou sous-compteur, est installé en aval du compteur principal pour répartir la consommation entre différents utilisateurs ou zones d’un même logement. En revanche, le deuxième compteur électrique est un compteur principal supplémentaire, avec son propre contrat, destiné à des installations distinctes ou à des besoins spécifiques. Le compteur électricité ou gaz mesure la quantité d’énergie consommée au sein d’une habitation ou d’un local professionnel ou industriel. Il s’intègre dans l’installation électrique ou de gaz pour permettre aux fournisseurs de calculer l’énergie utilisée par un abonné afin de la lui facturer.

Un compteur divisionnaire est un appareil installé en aval du compteur principal, permettant de mesurer la consommation d’électricité d’une partie spécifique d’une installation ou d’un logement.

Le compteur divisionnaire est particulièrement utile dans les situations où plusieurs utilisateurs partagent une même installation électrique, comme dans les colocations, les immeubles en copropriété ou les logements avec des dépendances. Il permet de répartir équitablement les coûts d’électricité en fonction de la consommation réelle de chaque utilisateur ou zone. Par exemple, dans une colocation, chaque colocataire peut être facturé en fonction de sa consommation individuelle, favorisant ainsi une gestion plus juste et transparente des dépenses énergétiques. Ce dispositif est aussi courant dans les locaux professionnels partagés, les ateliers ou encore les locations saisonnières, où il serait injuste de répartir les frais selon une estimation ou une clé de répartition forfaitaire. Il ne dispense toutefois pas d’un suivi rigoureux des consommations, car son usage reste informatif et sans valeur contractuelle vis-à-vis du fournisseur d’énergie.

  • Choix du compteur : Sélectionner un modèle compatible avec l’installation électrique existante, en fonction de la tension (monophasé 230 V ou triphasé 400 V) et de l’ampérage requis. Un mauvais choix pourrait entraîner une mauvaise lecture ou même une panne de l’équipement.
  • Emplacement : Installer le compteur divisionnaire juste après le disjoncteur de branchement ou après une ligne dédiée sur le tableau électrique. Il doit être accessible facilement pour les relevés, de préférence dans une armoire technique ou un coffret de distribution.
  • Connexion : Le branchement doit être réalisé par un professionnel, car il nécessite de manipuler des conducteurs sous tension. Il faut veiller à raccorder les fils d’alimentation et de charge correctement sur les bornes d’entrée et de sortie.
  • Protection : Intégrer un disjoncteur ou un coupe-circuit amont pour sécuriser l’installation. Cette protection est indispensable pour isoler la section divisionnaire sans impacter l’ensemble du logement.
  • Scellage : Bien que non obligatoire, il est recommandé de sécuriser le boîtier avec un système de scellé ou de verrouillage pour éviter les fraudes ou manipulations non autorisées.
  • Validation de l’installation : Un électricien qualifié pourra s’assurer que le montage respecte la norme NF C 15-100, indispensable pour garantir la sécurité et la conformité de l’installation électrique intérieure.

Pour rappel, avec Linky, le sous-comptage reste possible, mais il ne bénéficie pas des fonctionnalités de télérelève. Il faudra relever manuellement le compteur divisionnaire. L’installation doit être pensée pour évoluer en cas de modifications ultérieures, notamment en cas de nouveaux usagers ou de travaux dans les circuits électriques secondaires.

Le prix d’un compteur divisionnaire dépend du modèle, de la marque et des fonctionnalités. En général, il faut compter entre 20 € et 150 € pour un modèle classique monophasé, avec affichage numérique. Les modèles triphasés ou ceux intégrant des fonctions avancées (télérelève locale, historique de consommation, etc.) peuvent atteindre 300 € ou plus. À cela s’ajoute le coût de l’intervention d’un électricien pour l’installation, souvent facturée entre 100 € et 250 €, en fonction de la complexité du câblage et de l’accessibilité du coffret électrique.

Un deuxième compteur électrique est un compteur principal supplémentaire installé par Enedis, disposant de son propre contrat d’électricité et servant à alimenter une installation distincte de celle du compteur principal.

L’installation d’un deuxième compteur est justifiée lorsque l’usage électrique est dissocié, autonome et nécessite une facturation ou une gestion indépendante. C’est typiquement le cas lorsqu’on souhaite alimenter une dépendance louée, un atelier professionnel ou une borne de recharge pour véhicule électrique avec un abonnement différent. Un deuxième compteur est aussi pertinent pour les logements divisés en plusieurs entités à louer, chacun nécessitant un contrat spécifique. Il permet également de souscrire une puissance de compteur adaptée à l’usage concerné, sans impacter le contrat du logement principal. Enfin, il constitue la seule solution légale lorsqu’on souhaite revendre l’électricité à un tiers, par exemple dans le cas d’une location indépendante.

  • Analyse du besoin : Identifier précisément pourquoi un second compteur est nécessaire, en définissant clairement l’usage électrique à dissocier du compteur principal (location indépendante, dépendance, usage professionnel, recharge de véhicule, etc.). Cette analyse détermine la puissance nécessaire (3 kVA à 36 kVA), le type de compteur (monophasé pour les besoins domestiques courants ou triphasé pour des usages plus intensifs ou industriels), et les options tarifaires pertinentes (base, heures pleines/heures creuses, tempo). Une évaluation rigoureuse permet également d’estimer les coûts d’investissement et d’optimiser la rentabilité de cette démarche sur le long terme.
  • Contact avec le fournisseur : Une fois le besoin identifié, il faut contacter un fournisseur d’électricité (EDF, Vattenfall, etc.) pour souscrire un contrat distinct. Ce contrat correspond à un nouveau point de livraison (PDL), indépendant du logement principal. Le fournisseur peut conseiller sur le choix de la puissance souscrite et des options tarifaires adaptées au profil de consommation anticipé. Il délivrera un numéro de PDL provisoire qui servira à engager les démarches de raccordement auprès d’Enedis.
  • Demande à Enedis : La demande de raccordement s’effectue en ligne sur le site d’Enedis. L’usager doit remplir le formulaire dédié en joignant les pièces justificatives demandées : plan de situation, plan de masse, autorisation d’urbanisme (si applicable), schéma électrique prévisionnel, et coordonnées du professionnel électricien. Cette étape est essentielle pour que le gestionnaire de réseau puisse évaluer techniquement la faisabilité et planifier le chantier.
  • Étude technique : Enedis dispose d’un délai de 10 jours ouvrés après réception du dossier complet pour envoyer une proposition technique et financière (PTF). Cette étude prend en compte la capacité du réseau local à supporter une alimentation supplémentaire, l’emplacement du futur compteur, les travaux de terrassement ou de tranchée éventuels, et les besoins en infrastructure complémentaire (coffret, disjoncteur, câbles). La PTF détaille aussi les délais, le coût estimatif, les modalités de raccordement et les responsabilités respectives du client et d’Enedis.
  • Travaux de raccordement : Si la proposition est acceptée (signature du devis + acompte dans un délai de 3 mois), Enedis planifie les travaux. Ceux-ci incluent généralement la pose d’un coffret de branchement en limite de propriété, la connexion au réseau public, et le passage de câbles jusqu’au disjoncteur de tête. En fonction de la configuration des lieux, des travaux de génie civil peuvent être exigés, à la charge du client (tranchée, gaine, traversée de voie). Le chantier est coordonné entre Enedis et l’électricien mandaté par le client.
  • Pose du compteur : Une fois les travaux de raccordement terminés, Enedis procède à l’installation du compteur Linky (ou autre selon la zone et la compatibilité). Ce compteur doit être installé à un emplacement conforme aux normes NF C 14-100 (extérieurement accessible, hors pièce humide, à une hauteur réglementaire). La pose inclut aussi le disjoncteur de branchement adapté à la puissance choisie, qui servira de protection générale de l’installation.
  • Mise en service : Pour faire la mise en service de l’électricité, le client doit impérativement avoir souscrit un contrat de fourniture d’électricité auprès du fournisseur choisi. En parallèle, il doit fournir un certificat de conformité électrique (Consuel) validant l’installation selon la norme NF C 15-100. Ce certificat, délivré par un organisme agréé, est requis pour que la demande de mise en service soit acceptée par Enedis. Une fois le certificat validé et le contrat activé, un technicien Enedis intervient pour ouvrir le compteur et rendre le point de livraison opérationnel. Notez d’ailleurs que votre fournisseur peut vous accompagner dans toutes ces démarches, dès lors qu’il a un service clientèle compétent.
  • Tarification : Le second compteur fait l’objet d’un abonnement indépendant.
  • Délais : Le délai global pour la mise en service d’un deuxième compteur est de 2 à 6 semaines, voire davantage si des travaux complexes ou une extension du réseau sont nécessaires. Ce délai dépend de plusieurs facteurs : la complétude du dossier initial, la validation du Consuel, la disponibilité des techniciens Enedis, et la coordination avec l’électricien en charge de l’installation intérieure.

L’installation d’un deuxième compteur électrique représente un investissement significatif, bien plus élevé que celui d’un simple compteur divisionnaire. Le coût de raccordement facturé par Enedis se situe généralement entre 800 € et 2 500 €, en fonction de la distance au réseau de distribution, de la nature du terrain et de la complexité des travaux nécessaires. Ce montant couvre notamment la pose du coffret de branchement, le tirage des câbles jusqu’au point de livraison, et les interventions techniques associées. Mais ce n’est qu’une partie de l’enveloppe budgétaire à prévoir.

À ce coût s’ajoutent plusieurs frais annexes incontournables. Tout d’abord, la mise en service du compteur, facturée entre 30 € et 50 €, payable au moment de l’activation du contrat de fourniture. Ensuite, le certificat de conformité électrique (Consuel), exigé pour toute nouvelle installation, coûte entre 120 € et 200 € selon la complexité et la catégorie de l’installation. Il faut également inclure les travaux électriques intérieurs, à confier à un professionnel qualifié, qui peuvent représenter entre 500 € et 2 000 €, notamment pour un câblage complet, un tableau secondaire ou une protection adaptée à la puissance souscrite.

Dans certains cas, notamment lorsque le deuxième compteur est destiné à alimenter une annexe isolée (studio, garage aménagé, atelier professionnel ou bâtiment secondaire), des travaux de génie civil supplémentaires peuvent être nécessaires. Cela comprend la réalisation de tranchées, la pose de gaines et de fourreaux, ou encore le franchissement de voies carrossables, avec un surcoût conséquent selon la configuration du terrain. Ces éléments techniques et logistiques peuvent alourdir fortement le budget initial, surtout si l’installation est en zone rurale ou en fond de parcelle, éloignée du coffret principal. Le coût total d’un deuxième compteur peut ainsi facilement dépasser les 3 000 € dans les cas les plus complexes.

En France, la revente d’électricité par un particulier est interdite par l’article L.121-91 du Code de l’énergie. La revente à des tiers sans contrat séparé constitue une infraction pouvant entraîner des poursuites et des sanctions administratives. De plus, la fourniture d’électricité est un service réglementé, qui ne peut être facturé sans autorisation expresse.

Un propriétaire n’est pas autorisé à facturer l’électricité à son locataire à un tarif librement fixé. La loi impose une refacturation au réel, sans marge, avec justificatifs à l’appui. Conformément au décret n° 2008-1139 du 4 novembre 2008, cette refacturation doit correspondre à la consommation réelle, calculée selon un compteur divisionnaire, et faire l’objet d’une régularisation annuelle. Toute surfacturation ou facturation forfaitaire peut être contestée par le locataire devant la Commission départementale de conciliation ou le juge.

Dans la pratique, de nombreux propriétaires installent des compteurs divisionnaires pour répartir la consommation électrique entre les différents occupants d’un logement ou d’un immeuble. Cette pratique, bien que tolérée lorsqu’elle est transparente et fidèle à la consommation réelle, reste encadrée. Pour éviter les litiges, les propriétaires doivent utiliser un compteur divisionnaire homologué, procéder à des relevés réguliers et justifier toute refacturation avec les factures du fournisseur principal.

La solution la plus courante consiste à inclure l’électricité dans les charges, en se basant sur les relevés du compteur divisionnaire.

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