En bref :
L’installation d’un faîtage à sec sur une toiture en tuiles garantit la ventilation du sous-versant et assure une étanchéité durable sans mortier.
- Normes de ventilation : le NF DTU 40.21 exige une section de ventilation équivalente au 1/6000 de la surface projetée en faîtage, portée au 1/3000 pour les pentes inférieures à 20°.
- Support de lisse : la lisse bois C24 (section minimale 27 x 38 mm) est posée sur étriers espacés de 600 mm maximum avec un ancrage de 30 mm.
- Étanchéité du closoir : la bavette du closoir ventilé doit chevaucher les tuiles de sommet d’au moins 50 mm dans la pente.
- Fixation mécanique : chaque faîtière est ancrée avec un crochet inox ou une vis inox dotée d’une rondelle EPDM de 14 mm minimum.
Réglementation et abaques de ventilation du faîtage à sec selon le DTU
La pose à sec remplace le scellement au mortier traditionnel en assurant la décompression et la ventilation continue de la sous-face des tuiles. Selon la norme NF DTU 40.21, la section totale minimale des orifices de ventilation doit atteindre 1/3000 de la surface projetée horizontalement du versant de toiture. Cette surface d’aération est divisée à parts égales : 1/6000 au niveau de l’égout et 1/6000 au niveau de la ligne de faîtage.
Pour les toitures à faible pente, inférieures à 20° (soit environ 35 %), le tirage thermique naturel s’affaiblit. Les normes de la série NF DTU 40 imposent alors un doublement de la section totale de ventilation, qui passe au 1/1500 de la surface projetée du versant, exigeant ainsi une sortie au faîtage équivalente au 1/3000.
La lame d’air située entre la sous-face des tuiles ou liteaux et le support sous-jacent doit conserver une hauteur minimale de 20 mm. Lorsque la toiture intègre un écran de sous-toiture souple selon le NF DTU 40.29, la lame d’air sous l’écran doit également mesurer au moins 20 mm d’épaisseur, avec une ventilation minimale au faîtage de 1/3000. Pour préserver cette extraction d’air, les lès d’écran non respirants doivent s’arrêter à 50 mm du sommet du faîtage sur chaque versant, ou être recouverts par un bandeau faîtier souple offrant un chevauchement minimal de 100 mm.
Matériaux et éléments de fixation requis sur le chantier
Un assemblage conforme au DTU exige des matériaux certifiés capables de résister à la charge du vent et aux UV. La lisse de rehausse doit être réalisée en bois massif classé C24 au minimum, avec une section minimale de 27 mm par 38 mm. La tolérance de planéité du support sous les liteaux et la rehausse ne doit pas dépasser 1/100 de la portée, dans la limite stricte de 10 mm au total.
Les éléments suivants constituent la composition type d’une ligne de faîtage à sec :
- Étriers de faîtage : supports métalliques réglables en hauteur, fixés sur la charpente avec un entraxe maximal de 600 mm.
- Lisse faîtière : pièce de bois C24 ancrée dans les étriers avec des vis ou pointes garantissant une pénétration minimale de 30 mm dans le bois porteur.
- Closoir ventilé à bavettes : rouleau souple ou rigide satisfaisant aux essais de durabilité et d’étanchéité à la pluie battante certifiés par le CSTB.
- Tuiles faîtières : éléments de couverture chevauchant le closoir, fixés mécaniquement avec un recouvrement longitudinal minimal de 40 mm entre eux (selon NF EN 1304).
- Fixations métalliques : clips ou crochets en acier inoxydable, ou vis inox équipées d’une rondelle d’étanchéité EPDM d’un diamètre minimal de 14 mm.
Guide étape par étape pour installer un faîtage à sec sur tuiles
L’exécution des travaux respecte une chronologie rigoureuse pour garantir la perméabilité à l’air et le rejet des infiltrations d’eau.
- Réservation de l’écran et pose des étriers : arrêtez l’écran de sous-toiture non respirant à 50 mm du sommet du faîtage de chaque côté. Fixez les étriers métalliques sur les poinçons ou les fermes en respectant un entraxe maximal de 600 mm. Ajustez la hauteur des étriers pour anticiper le galbe des tuiles faîtières.
- Montage et alignement de la lisse de rehausse : emboîtez la lisse en bois C24 (section minimale 27 x 38 mm) dans les étriers. Vérifiez l’alignement au cordeau en respectant la tolérance de planéité de 1/100 de la portée (maximum 10 mm). Vissez la lisse en assurant une profondeur d’ancrage d’au moins 30 mm dans le bois porteur.
- Pose du closoir ventilé : déroulez le closoir au centre de la lisse faîtière et agrafez-le sur la partie supérieure du bois. Lissez les bavettes latérales plissées sur les tuiles de couverture de chaque versant. Les bavettes doivent chevaucher les tuiles de sommet d’au moins 50 mm dans le sens de la pente. Pour maroufler les bandes adhésives, le support doit être propre, dépoussiéré et exempt de gel ou de condensation.
- Pose et ancrage des tuiles faîtières : positionnez les tuiles faîtières en partant de l’extrémité opposée aux vents dominants. Respectez un recouvrement longitudinal minimal de 40 mm entre chaque élément. Fixez chaque tuile individuellement sur la lisse faîtière à l’aide d’un crochet en acier inoxydable ou d’une vis inox munie d’un joint EPDM de diamètre 14 mm minimum.
Synthèse des étapes et points de contrôle du chantier
Le tableau ci-dessous récapitule les exigences techniques et les vérifications à effectuer sur le chantier lors du montage du faîtage.
| Étape de pose | Composants & références | Spécifications réglementaires | Point de contrôle chantier |
|---|---|---|---|
| 1. Préparation sous-toiture | Écran de sous-toiture souple | Arrêt à 50 mm du faîtage ou chevauchement de 100 mm (NF DTU 40.29) | Preservation de l’évacuation d’air au sommet |
| 2. Support de lisse | Étriers métalliques & lisse bois C24 | Section min 27×38 mm, entraxe max 600 mm, ancrage min 30 mm | Planéité ≤ 1/100 de la portée (max 10 mm) |
| 3. Étanchéité & aération | Closoir ventilé certifié CSTB | Recouvrement min de 50 mm sur les tuiles dans la pente | Adhérence continue des bavettes sur le galbe |
| 4. Fixation faîtières | Tuiles faîtières, vis/crochets inox, EPDM | Recouvrement longitudinal min 40 mm, rondelle EPDM ≥ 14 mm | Ancrage mécanique individuel de chaque tuile |
Les points de vigilance à vérifier avec votre couvreur
En tant que maître d’ouvrage, l’observation de quelques détails visuels sur le chantier permet de s’assurer du respect des règles de l’art par l’entreprise de couverture.
Contrôlez l’alignement de la ligne de faîtage au cordeau. Aucun creux ni bosse ne doit dépasser la limite des 10 mm sur la longueur totale. Vérifiez la présence systématique d’une fixation mécanique sur chaque faîtière : le collage simple ou la pose libre sans accroche est proscrit par le NF DTU 40.21.
Inspectez le marouflage des bavettes du closoir. La partie en alu ou en plomb plissé doit suivre fidèlement l’onde de la tuile sans laisser d’espace béant supérieur à 50 mm d’engagement. Enfin, demandez au professionnel la confirmation que la section d’aération ménagée répond aux abaques de ventilation de votre pente de toit, notamment si celle-ci est inférieure à 20°.
Questions fréquentes sur le faîtage à sec
Quelle est la section d’aération requise au faîtage selon le DTU ?
Le NF DTU 40.21 impose une section minimale d’aération au faîtage égale au 1/6000 de la surface projetée du versant. Si la pente du toit est inférieure à 20°, cette section requise double et passe au 1/3000 de la surface projetée pour compenser la baisse du tirage thermique.
Comment est fixée la lisse faîtière sur la charpente ?
La lisse en bois massif C24 (section minimale 27 x 38 mm) est posée sur des étriers métalliques réglables espacés de 600 mm maximum. Les vis ou pointes de fixation doivent pénétrer d’au moins 30 mm dans le bois porteur de la charpente.
Quel est le recouvrement obligatoire pour le closoir sur les tuiles ?
Le closoir ventilé à bavettes doit chevaucher le rang supérieur des tuiles de couverture d’au moins 50 mm dans le sens de la pente du rampant. Ce chevauchement garantit l’étanchéité contre les infiltrations d’eau sous l’effet de la pression du vent.